Le Premier ministre Amadou Oury Bah a présenté dimanche une réorganisation des départements ministériels en quatre grands pôles gouvernementaux, avec un objectif affiché : améliorer la coordination administrative et accélérer la mise en œuvre du programme Simandou 2040. Derrière cette réforme administrative, une question centrale se pose : l’appareil d’État est-il suffisamment préparé pour transformer les ambitions du programme en résultats concrets ? Quatre pôles pour une administration plus coordonnée. Réunissant secrétaires généraux, chefs de cabinet, conseillers et inspecteurs généraux des ministères, le Premier ministre a présenté une nouvelle organisation regroupant les 30 départements ministériels autour de quatre pôles : Souveraineté et Gouvernance Économie et Transformation productive Infrastructures et Développement durable Capital humain et Solidarité. Selon la Primature, cette nouvelle architecture doit permettre de réduire le fonctionnement en « silo » des administrations et renforcer le suivi des décisions gouvernementales. Chaque pôle disposera d’un comité interministériel chargé de faciliter la coordination entre les différents ministères et d’assurer un meilleur suivi des priorités nationales. Une méthode construite autour de Simandou 2040. Cette réforme s’inscrit dans une stratégie engagée depuis plusieurs mois par le chef du gouvernement. Depuis sa prise de fonction, Amadou Oury Bah insiste régulièrement sur la nécessité d’une administration orientée vers les résultats, avec davantage de discipline, de suivi et d’évaluation. La mise en place annoncée d’une « Delivery Unit », une structure chargée du suivi des grands projets, s’inscrit dans cette logique : rapprocher la décision politique de l’exécution opérationnelle. Pour la Primature, Simandou 2040 ne représente pas seulement un ensemble de projets économiques, mais un changement de méthode dans la manière de conduire les politiques publiques. Une réforme ambitieuse, mais des défis importants. Si le gouvernement présente cette réorganisation comme un outil de modernisation, plusieurs interrogations demeurent. La principale concerne la capacité réelle de l’administration à accompagner un programme d’une telle ampleur. La coordination entre ministères à Conakry sera-t-elle suffisante pour garantir des résultats dans les régions concernées par les grands projets ? Des observateurs soulignent également que la réussite de Simandou 2040 dépendra de la capacité à renforcer les moyens des collectivités locales et à rapprocher davantage l’action publique des territoires. Le pari de l’efficacité avec cette réforme, le Premier ministre fait le choix d’un pilotage plus centralisé et plus structuré de l’action gouvernementale. L’enjeu sera désormais de démontrer que cette nouvelle organisation peut produire des résultats visibles : accélération des projets, amélioration des services publics et meilleure exécution des politiques nationales. Car au-delà des organigrammes et des nouvelles structures, la question reste la même : l’administration guinéenne est-elle prête à porter l’ambition de transformation annoncée autour de Simandou 2040 ? À retenir 30 ministères désormais regroupés en 4 pôles gouvernementaux Une réforme destinée à améliorer la coordination et le suivi des politiques publiques. Simandou 2040 placé au cœur de la nouvelle méthode de gouvernance Le principal défi reste la capacité de l’administration à transformer les décisions en résultats sur le terrain.