À Conakry, l'élection du prochain président de la Fédération Guinéenne de Football (FEGUIFOOT) s'annonce comme un rendez-vous majeur pour l'avenir du football national. Prévue le 27 octobre 2026, cette Assemblée générale extraordinaire et élective devra permettre de désigner une nouvelle équipe dirigeante après une période marquée par des tensions internes, des changements successifs à la tête de l'institution et des appels à davantage de stabilité.

Le football guinéen s'apprête à vivre une étape décisive de son histoire institutionnelle. Le scrutin à venir ne représente pas uniquement un changement de dirigeants : il constitue un test majeur pour la gouvernance du football national, la confiance des acteurs locaux et la crédibilité de la Guinée auprès des instances internationales comme la FIFA et la CAF.

Après plusieurs années d'instabilité, les attentes sont nombreuses autour de cette élection qui devra permettre à la fédération de retrouver une direction stable et capable de porter de nouveaux projets pour les clubs, les joueurs et les équipes nationales.

Une élection pour sortir d'une nouvelle crise institutionnelle

Dans un communiqué officiel publié le 24 août 2026, la Fédération Guinéenne de Football a annoncé la tenue d'une Assemblée générale extraordinaire et élective le mardi 27 octobre 2026 à 10h00 GMT à Conakry.

Les membres de l'Assemblée générale auront pour mission d'élire :

  • le président de la FEGUIFOOT ;
  • les vice-présidents ;
  • les membres du Comité exécutif.

Le mandat de la nouvelle équipe dirigeante sera de quatre ans. Cette élection intervient après une période de transition provoquée par la dissolution du Comité exécutif sortant, conséquence d'une vacance importante au sein de l'instance dirigeante.

Une nouvelle crise après plusieurs années de tensions

La situation actuelle trouve son origine dans la démission, le 9 juillet 2026, de Mamadou Alpha Hann, membre du Comité exécutif. Cette démission a réduit l'effectif du bureau de 13 membres prévus à seulement 6 membres actifs, une situation qui a conduit à l'application des dispositions statutaires relatives à la vacance du Comité exécutif.

Cette nouvelle crise vient s'ajouter à une série d'épisodes qui ont marqué la gouvernance du football guinéen au cours de la dernière décennie. En 2016 déjà, une importante contestation interne avait conduit à l'intervention de la FIFA et de la CAF avant l'élection de Mamadou Antonio Souaré en 2017. En 2021, la FIFA avait également accompagné la restructuration de la fédération à travers la mise en place d'un Comité de normalisation.

Plus récemment, le Comité exécutif élu en janvier 2024 avait connu de fortes tensions internes. En 2025, une motion de censure avait conduit au départ d'Aboubacar Dinah Sampil de la présidence de la fédération.

FIFA, CAF et État guinéen : un équilibre délicat

La gestion de cette période de transition est suivie avec attention par les différents acteurs du football. La FEGUIFOOT affirme vouloir conduire un processus électoral conforme à ses textes et aux principes de bonne gouvernance sportive.

Le ministère guinéen de la Jeunesse et des Sports rappelle son attachement au principe d'autonomie des fédérations sportives, tout en soulignant l'importance de préserver l'intérêt supérieur du football national. De leur côté, la FIFA et la CAF protègent l'indépendance des fédérations membres, mais disposent également de mécanismes de contrôle pouvant entraîner des sanctions en cas de non-respect des règles établies.

Les regards tournés vers les candidats

À l'approche du scrutin, plusieurs noms circulent dans le paysage sportif guinéen. Parmi les personnalités évoquées figure Mamadou Antonio Souaré, ancien président de la FEGUIFOOT entre 2017 et 2021.

Toutefois, à ce stade, aucune confirmation officielle de candidature n'a été communiquée par l'intéressé et aucun dossier définitif n'a encore été validé publiquement par la Commission électorale. Les prochaines semaines permettront de connaître officiellement les candidats engagés dans cette course à la présidence.

Ce que cette élection peut changer pour le football guinéen

Au-delà de la bataille pour la présidence, les attentes concernent directement l'avenir du football national. Les supporters espèrent notamment :

  • une meilleure organisation des compétitions nationales ;
  • un développement renforcé de la formation des jeunes ;
  • une gestion plus transparente des ressources ;
  • une meilleure préparation du Syli National ;
  • un retour durable de la confiance entre les acteurs du football.

Les chiffres clés

  • 13 : nombre de sièges prévus au Comité exécutif de la FEGUIFOOT.
  • 6 : nombre de membres restants après les changements intervenus en juillet 2026.
  • 51 voix sur 53 : résultat du vote ayant confirmé la motion de censure contre Aboubacar Dinah Sampil en 2025.
  • 4 ans : durée du mandat de la prochaine équipe dirigeante.
  • 2016-2026 : une décennie marquée par plusieurs épisodes de crise institutionnelle.

Analyse : une élection qui dépasse la question des personnes

Le principal enjeu du scrutin du 27 octobre ne sera pas uniquement l'identité du futur président. La véritable question sera celle de la capacité de la nouvelle équipe à instaurer une stabilité durable dans une institution régulièrement confrontée aux tensions internes.

Le football guinéen dispose d'un potentiel important, avec une équipe nationale suivie par des millions de supporters et une jeunesse passionnée par ce sport. Mais pour transformer ce potentiel en résultats durables, la fédération devra avant tout retrouver une gouvernance solide, transparente et rassembleuse.

À retenir

L'élection de la FEGUIFOOT du 27 octobre 2026 représente un moment déterminant pour l'avenir du football guinéen. Après plusieurs années d'instabilité, le prochain Comité exécutif aura la responsabilité de restaurer la confiance, renforcer l'organisation du football national et construire une nouvelle dynamique capable de répondre aux attentes des supporters et des acteurs sportifs.