Cette visite intervient à la veille du lancement du nouveau Cadre de partenariat-pays (CPP) 2027-2033, destiné à définir les principales orientations de la coopération entre la Guinée et le Groupe de la Banque mondiale pour les prochaines années.
Plus de 3 milliards de dollars annoncés
L’un des principaux enjeux de cette nouvelle étape réside dans les ressources qui pourraient être mobilisées en faveur de la Guinée. Selon la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, le nouveau Cadre de partenariat-pays prévoit plus de 3 milliards de dollars d’investissements et d’appuis au cours des prochaines années.
Cette enveloppe doit accompagner plusieurs secteurs considérés comme stratégiques pour le développement du pays. La mission de la Banque mondiale doit notamment être marquée par la signature d’accords de financement concernant l’agriculture, la formation et le renforcement des compétences, la mobilisation des recettes publiques et l’amélioration de l’efficacité des dépenses.
Un appui au secteur de l’électricité est également prévu, selon les autorités guinéennes.
Une coopération alignée sur les priorités nationales
Au-delà du montant annoncé, le nouveau partenariat traduit la volonté d’aligner davantage les interventions du Groupe de la Banque mondiale sur les priorités de développement de la Guinée.
Le futur cadre de coopération intervient notamment dans un contexte où le pays cherche à accélérer sa transformation économique, à diversifier son économie et à renforcer les investissements dans les secteurs productifs.
Cette orientation rejoint les discussions engagées précédemment entre les autorités guinéennes et le Groupe de la Banque mondiale. En novembre 2025, l’institution avait déjà réaffirmé son appui à la stratégie de diversification économique de la Guinée, notamment dans l’agriculture, l’énergie et le développement du secteur privé.
Le capital humain au cœur des enjeux
La formation et le développement des compétences occupent également une place importante dans cette nouvelle coopération.
Pour la Banque mondiale, le développement du capital humain, la création d’emplois, le soutien au secteur privé, les infrastructures, la transformation numérique et l’amélioration de la productivité agricole figurent parmi les axes structurants de son action en Afrique de l’Ouest et du Centre.
Pour la Guinée, l'enjeu est donc de faire en sorte que les investissements mobilisés contribuent non seulement à la réalisation d’infrastructures, mais aussi au développement des compétences nationales et à la création d’opportunités économiques pour les populations, particulièrement pour les jeunes.
Un partenariat dans le contexte de Simandou 2040
Le nouveau partenariat intervient également dans un contexte marqué par les ambitions de transformation portées par Simandou 2040.
La Banque mondiale a consacré une partie de son nouveau Cadre de partenariat-pays à l’approche du corridor économique de Simandou, présenté comme un levier pouvant contribuer à faire évoluer la Guinée d’un modèle essentiellement minier vers une transformation économique plus intégrée et multisectorielle.
L’enjeu sera notamment de créer des passerelles entre les grands investissements, les infrastructures, l’agriculture, l’industrie, les entreprises locales et le développement des compétences.
Une nouvelle étape dans les relations Guinée-Banque mondiale
En accueillant Ousmane Diagana, le Premier ministre Amadou Oury Bah a ainsi ouvert une séquence importante de la coopération entre Conakry et le Groupe de la Banque mondiale.
Le Vice-Président de l’institution a, pour sa part, adressé ses vœux au peuple guinéen à l’occasion du 68ᵉ anniversaire de l’indépendance et salué les efforts engagés par les autorités dans la mise en œuvre des réformes structurelles. Il a également réaffirmé la disponibilité de la Banque mondiale à accompagner la Guinée dans sa transformation économique et sociale.
Avec le nouveau Cadre de partenariat-pays 2027-2033 et les financements annoncés, la coopération entre les deux parties se prépare ainsi à entrer dans une nouvelle phase. Pour la Guinée, l’enjeu sera désormais de traduire ces ressources et ces partenariats en résultats concrets : davantage d’infrastructures, de compétences, d’emplois, de services publics et de capacités productives au bénéfice des populations.




