Cette rencontre intervient dans le cadre du lancement du nouveau Cadre de partenariat-pays (CPP) 2027-2033, appelé à définir les grandes orientations de la coopération entre la Guinée et le Groupe de la Banque mondiale pour les sept prochaines années. Le cadre, approuvé par le Conseil d’administration de la Banque mondiale en juin 2026, ouvre la voie à plus de 3 milliards de dollars d’engagements en faveur de la Guinée.

Une coopération qui change d’échelle

Le nouveau partenariat intervient dans un contexte particulier pour l’économie guinéenne. Le pays entre dans une période marquée par la montée en puissance du projet Simandou et par d’importants investissements dans les infrastructures et les secteurs productifs.

Selon les projections présentées par les autorités, la croissance du PIB réel devrait atteindre 8,6 % en 2026, avant de progresser à une moyenne de 10,1 % sur la période 2027-2030, sous l’effet notamment du secteur minier, des investissements infrastructurels et de leurs retombées attendues sur les autres secteurs.

Pour les autorités guinéennes, l’enjeu ne consiste toutefois pas uniquement à enregistrer une forte croissance. Il s’agit surtout de faire en sorte que cette dynamique se traduise par davantage d’emplois, d’activités économiques et d’amélioration des conditions de vie.

Simandou au cœur de la transformation

Le lancement du CPP 2027-2033 intervient alors que le projet Simandou est appelé à jouer un rôle majeur dans la trajectoire économique de la Guinée.

La montée en puissance de ce projet devrait contribuer à renforcer les investissements miniers et infrastructurels. Mais les autorités et leurs partenaires insistent également sur la nécessité de transformer cette dynamique en opportunités pour les autres secteurs de l’économie.

La question de la diversification apparaît ainsi comme l’un des principaux enjeux. Agriculture, énergie, infrastructures, développement du secteur privé, compétences et emploi doivent permettre d’élargir les effets de la croissance au-delà du secteur extractif.

La Banque mondiale présente notamment le nouveau partenariat comme un cadre permettant de générer de nouveaux projets, de mobiliser davantage de financements et d’accélérer la mise en œuvre des programmes existants, avec la création d’emplois comme objectif central.

Plus de 3 milliards de dollars pour accompagner les réformes

Le nouveau Cadre de partenariat-pays prévoit plus de 3 milliards de dollars d’engagements. Selon le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, cette mobilisation associe les ressources de l’Association internationale de développement (IDA), les interventions de la Société financière internationale (SFI) et les garanties de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA).

Ces ressources doivent accompagner les priorités de développement définies avec les autorités guinéennes et soutenir plusieurs secteurs structurants.

Quatre accords de financement ont notamment été signés lors du lancement du partenariat, marquant le passage des discussions à la mise en œuvre concrète de nouveaux programmes.

Le défi de la croissance inclusive

Derrière les perspectives de croissance, une question demeure centrale : comment faire en sorte que les performances macroéconomiques bénéficient au plus grand nombre ?

La ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a insisté sur la nécessité de faire de la croissance attendue une croissance durable, inclusive et partagée au bénéfice des populations guinéennes.

Cette préoccupation place l’emploi, la formation, l’entrepreneuriat et le développement des entreprises locales au cœur des attentes liées au nouveau partenariat.

Pour la Guinée, l’enjeu sera également de renforcer les capacités de l’administration, d’améliorer la mobilisation des recettes publiques et de consolider la qualité de la dépense et des investissements publics.

Accélérer les réformes structurelles

Le partenariat avec la Banque mondiale intervient également dans un environnement où la Guinée poursuit plusieurs réformes économiques et institutionnelles.

L’objectif est notamment de renforcer la gestion des finances publiques, d’améliorer l’efficacité des investissements, de développer les infrastructures et de créer un environnement plus favorable au secteur privé.

Cette dynamique doit permettre de mieux accompagner la transformation économique attendue avec Simandou et de réduire progressivement la dépendance de l’économie à l’exploitation brute des ressources naturelles.

Une nouvelle phase pour le partenariat Guinée-Banque mondiale

Avec le CPP 2027-2033, la Guinée et la Banque mondiale disposent désormais d’un nouveau cadre de référence pour leurs interventions au cours des prochaines années.

La visite d’Ousmane Diagana à Conakry et le lancement de ce nouveau partenariat interviennent donc à un moment charnière pour l’économie nationale.

Pour la Banque mondiale, l’objectif affiché est d’accompagner la Guinée dans la création d’emplois, la diversification économique et la mise en œuvre des réformes. Pour les autorités guinéennes, le défi sera de transformer les financements mobilisés et la croissance attendue en résultats tangibles pour les populations.

Au-delà des chiffres, le véritable enjeu de cette nouvelle dynamique sera ainsi de faire de la croissance liée à Simandou un levier de transformation durable, capable de renforcer les infrastructures, stimuler le secteur privé, créer des emplois et améliorer les conditions de vie des Guinéens.